Madagascar : Les sanctions seront-elles justifiées ?

Publié le par La Rédac'

Madagascar vit et se développe dans le concert des Nations et est partie à des diverses conventions au niveau international, régional et sous-régional, voire bilatéral.

L'AMPDHP n'a cessé de rappeler que la continuité de l'Etat implique le respect et l'application des obligations conventionnelles, quelle que soit la forme d'alternance adoptée par l'Etat partie à ces traités.

Le fait de vouloir démontrer que l'on n'a pas commis d'actes tendant à enfreindre le principe de l'alternance démocratique de pouvoir n'enlève en rien l'obligation de reconnaître que l'Etat ou la Nation doit constamment ne pas faillir à ces traités.

Nous tenons à citer ici parmi ces conventions internationales la Charte internationale des Droits de l'Homme (ONU), la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des peuples (UA), la Convention de Lomé et l'Accord de Cotonou (UE-ACP). Tous ces traités mettent en exergue le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le respect de la démocratie comme conditions de relations, de coopération et de tout appui au développement.

Faillir à ces obligations équivaudrait à favoriser l'ingérence (par devoir ou de droit), ne pas confondre avec l'ingérence étrangère que nous avons toujours dénoncé dans nos articles.

L'ingérence que nous relatons dans cet article implique la Communauté internationale a avoir le droit et/ou le devoir :
- de conseiller ;
- de faire des recommandations ;
- de s'interposer (c'est selon) ;
- d'intervenir par voie militaire ;
- de prendre des résolutions (envoi d'observateurs ou de rapporteurs, voire même de prendre des mesures coercitives).

Confondre ces diverses interventions internationales avec l'atteinte à la souveraineté nationale constitue une violation de la souveraineté du peuple qui a droit au développement.

Cette confusion amène le pays à s'isoler. Le fait de s'isoler n'enlève en rien les devoirs et droits de la Communauté internationale à intervenir suivant le cas. Nous affirmons le contraire car l'universalité des droits de l'homme place la communauté internationale en obligataire des droits et en contrôleur universel.

Enfin, nous nous permettons de citer ci-après les extraits de la Déclaration et programme d'action de Vienne sur les Droits de l'Homme lors de la IIème Conférence mondiale sur les droits de l'homme en 1993 (à Vienne, en Autriche).

La déclaration indique que : "s'il convient de ne pas perdre de vue l'importance des particularismes nationaux et régionaux et de la diversité historique, culturelle et religieuse, il est du devoir des Etats, quel qu'en soit le système politique, économique et culturel, de promouvoir et de protéger tous les droits de l'hommes et toutes les libertés fondamentales."

La déclaration réaffirme que le droit au développement est universel et inaliénable et que les liens entre les droits de l'homme et le développement sont indissociables, ajoutant que : "la démocratie, le développement et le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales sont interdépendants et se renforcent mutuellement."

Pour conclure, nous posons les questions suivantes :

- En l'état actuel des choses, est-ce que le pouvoir actuel ne veut pas se défiler des relations internationales ? Ne faillit-il pas aux obligations conventionnelles auxquelles Madagascar s'est engagé ?

- Est-ce qu'il tient compte des liens indissociables entre la démocratie, le développement et les droits et libertés fondamentaux ?

- Peut-il rendre effectifs : la démocratie, le développement et les droits de l'homme s'il se passe de la Communauté internationale ?

- Les sanctions, s'il y en aura, seront-elles justifiées ? Le peuple a-t-il choisi avec le pouvoir actuel les voies qui mènent à de telles sanctions ?


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