Madagascar : La police communautaire n'est-elle pas le renfort des "Tontons Macoutes" ?

Publié le par La Rédac'

Pour que les lecteurs du présent article comprennent pourquoi l'AMPDHP pose cette question, elle voudrait faire apparaître les principes essentiels de la mission de la police dans les démocraties. Ainsi donc, il est nécessaire de parler de la Démocratie dans le sens de l'application des lois et droits de l'homme.

La démocratie dont on parle est liée à trois idéaux importants :

1/ celui stipulé dans l'art. 21 de la DUDH et l'art. 25 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et l'art. 13 de la Charte Africaine des droits de l'homme et des peuples, et qui disposent :
- l'autorité des pouvoirs publics fondée sur la volonté du peuple ;
- participation directe ou indirecte de tout citoyen par élection libre, périodique et honnête, aux affaires publiques de son pays ;
- droit à accéder dans l'égalité, fondée sur la compétence, dans les fonctions publiques.

2/ L'Etat de droit

3/ Promotion et protection des droits de l'homme


Il a fallu qu'on ait défini ce qu'est la démocratie avant d'évoluer sur la mission de la police dans les démocraties.

Les principes essentiels

1/ Dans l'exercice de ses droits et libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi. Y-a-t-il actuellement limitations des droits et libertés ? Si oui, en vertu de quelle loi ?

2/ L'exercice des droits et des libertés n'est soumis qu'aux limitations nécessaires en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigeances de la morales, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
Le pouvoir de fait actuel est-il fondé sur la volonté du peuple ? Quand ? De quelle façon ? Est-ce suffisant pour gouverner une société démocratique ? A l'état actuel de la situation malagasy, y-a-t-il démocratie comme définie plus haut ?

3/ Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de ses représentants librement choisis. La volonté du peuple est le fondement des pouvoirs publics.
Si les institutions démocratiques sont disposées selon une Constitution liée par les droits de l'homme, les institutions actuelles ont-elles une base constitutionnelle ? Laquelle ? A la situation actuelle de Madagascar, quel genre d'élection est prioritaire ? Lors d'une période transitoire, que veut dire "retour à l'ordre constitutionnel" ?

4/ Toute personne a droit à la liberté d'opinion, d'expression, de réunion et d'association.
Tous les fonctionnaires de police font partie de la collectivité et ont l'obligation de la servir.

Le Ministre de la sécurité intérieure a expliqué que le cas des deux hommes abattus par les policiers du GIR le 22 mars 2010 était connu par renseignements bien recoupés. Et lui de continuer que c'est pourquoi il est nécessaire et utile d'instaurer la police communautaire.

Aux policiers du GIR, ont-ils appliqué les principes d'usage de la force et l'utilisation des armes à feu pour le cas cité ci-dessus ? Si même les policiers professionnels agissent d'une façon sans principes légaux et respectant les droits de la personne, que fera la police communautaire ?

Ne peut-on pas se limiter au comité de vigilance de toujours ou veut-on plutôt renforcer les actions des "Tontons Macoutes" ?


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