MADAGASCAR : LA DICTATURE EST CONSACREE

Publié le par La Rédac'

L'AMPDHP, en tant que défenseur des droits de l'homme, jouit des droits et responsabilités de promouvoir et protéger les droits et libertés fondamentaux de l'homme. Ces droits et responsabilités sont stipulés dans la Déclaration des Nations-Unies sur les Défenseurs des Droits de l'Homme adoptée le 08 mars 1999 par la résolution n°53/144 de l'Assemblée Générale.

Des dispositions y afférentes nous citons :

Article 06 : "Chacun a le droit, individuellement ou en association avec d'autres:
b) Conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme et autres instruments internationaux applicables, de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous les droits de l'homme et toutes les libertés fondamentales;
c) D'étudier, discuter, apprécier et évaluer le respect, tant en droit qu'en pratique, de tous les droits de l'homme et de toutes les libertés fondamentales et, par ces moyens et autres moyens appropriés, d'appeler l'attention du public sur la question."


Article 08
: "1. Chacun a le droit, individuellement ou en association avec d'autres, de participer effectivement, sur une base non discriminatoire, au gouvernement de son pays et à la direction des affaires publiques.
2. Ce droit comporte notamment le droit, individuellement ou en association avec d'autres, de soumettre aux organes et institutions de l'État, ainsi qu'aux organismes s'occupant des affaires publiques, des critiques et propositions touchant l'amélioration de leur fonctionnement, et de signaler tout aspect de leur travail qui risque d'entraver ou empêcher la promotion, la protection et la réalisation des droits de l'homme et des libertés fondamentales."


La Constitution malgache du 18 septembre 1992 (de la IIIème République) consacre la Charte Internationale des Droits de l'Homme et des Peuples ainsi que les Conventions relatives aux droits de la femme et de l'enfant comme droit positif malagasy.

Le pouvoir de fait, avec les anciens chefs d'Etat, ont co-signé la Charte de la Transition comme étant l'Acte substitutif à la Constitution et qui constitue la Loi fondamentale de la Transition. L'acte additionnel d'Addis-Abeba fait partie complémentaire de la Charte quant à la répartition pour la mise en place des Institutions de la Transition. Le respect des Droits de l'Homme est mis en relief dans les actes de Maputo pour la Transition de Madagascar.

Une ordonnance a été adoptée pour ratification de la Charte de Transition et des Accords politiques. La ratification est faite sans réserve aucune. Le fait d'abroger la Charte et son acte additionnel par un acte législatif est une violation grave de la Constition de la Transition, donc fouler aux pieds les droits et libertés fondamentaux de l'homme et le droit à l'autodétermination du peuple Malagasy.

L'AMPDHP tient à citer ci-après ce qu'est ce droit à l'autodétermination selon l'article premier commun des deux Pactes relatifs aux droits de l'homme.

Article Premier : "1. Tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel.
2. Pour atteindre leurs fins, tous les peuples peuvent disposer librement de leurs richesses et de leurs ressources naturelles, sans préjudice des obligations qui découlent de la coopération économique internationale, fondée sur le principe de l'intérêt mutuel, et du droit international. En aucun cas, un peuple ne pourra être privé de ses propres moyens de subsistance.
3. Les Etats parties au présent Pacte, y compris ceux qui ont la responsabilité d'administrer des territoires non autonomes et des territoires sous tutelle, sont tenus de faciliter la réalisation du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, et de respecter ce droit, conformément aux dispositions de la Charte des Nations unies."


Le fait de violer les droits sus-cités et la Constitution n'est autre que la consécration de la DICTATURE.

Devant ce qui semble actuellement une escalade et une surenchère, l'AMPDHP persiste à appeler les parties au dialogue et au respect des acquis. Nous condamnons fermement toutes violences d'où qu'elles proviennent ainsi que les arrestations et privations de libertés arbitraires.

Nous demandons expressément à la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) d'exprimer son opinion sur le cas de Madagascar et le Haut Commissariat aux Droits de l'Homme de faire des recommandations, en particulier pour le respect des Droits de l'Homme et du peuple à Madagascar.



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