Madagascar : La "déclaration" du président de la HAT

Publié le par La Rédac'

Un droit et une liberté pris par ses pairs pour une "décision historique"

 

 

Pour l'AMPDHP, la crise à Madagascar persiste due aux motifs suivants :
- l'existence d'un pouvoir de fait ;
- l'absence d'une "assise consensuelle et juridique de la Transition" ;
- l'ingérence étrangère ;
- l'enterrement de la Constitution, et plus particulièrement due à la spéculation des protagonistes pour leurs intérêts partisans, au détriment de "l'intérêt du peuple", faisant ainsi échouer tout dialogue tant prôné par la Communauté internationale et tout citoyen de bon sens.

Pour mieux confirmer à nos visiteurs que la "déclaration" du Président de la HAT le 12 mai 2010 n'est qu'un droit et une liberté que peut exercer et exprimer tout citoyen anonyme, nous citerons ci-après l'article 25 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel Madagascar est partie depuis le 23 juin 1976 : "Tout citoyen a le droit et la possibilité, sans aucune des discriminations visées à l'article 2 et sans restrictions déraisonnables:
a) De prendre part à la direction des affaires publiques, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis;
b) De voter et d'être élu, au cours d'élections périodiques, honnêtes, au suffrage universel et égal et au scrutin secret, assurant l'expression libre de la volonté des électeurs;
c) D'accéder, dans des conditions générales d'égalité, aux fonctions publiques de son pays."


Ainsi, le principe de non-discrimination disposé à l'article 2 dudit Pacte, paragraphe 1 : "1. Les Etats parties au présent Pacte s'engagent à respecter et à garantir à tous les individus se trouvant sur leur territoire et relevant de leur compétence les droits reconnus dans le présent Pacte, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation."

Et si nous nous reportons à la Constitution de 1992 qui a intégré ledit pacte au droit positif malagasy, l'article 15 dispose : "tout citoyen a le droit sans aucune discrimination fondée sur l'appartenance ou non à un parti politique ou sur l'obligation d'être investi par un parti politique, de se porter candidat aux candidat aux élections prévues par la présente constitution, ..."

De ce qui précède, en quoi le fait de se déclarer non candidat à une élection différencie-t-il quelqu'un d'un autre pour qu'il soit un modèle des Malagasy? En quoi cela est-il unique?

En quoi cela contribue-t-il au changement tant écrié par certains ? N'est-ce pas plutôt un abandon ? Le changement étant censé s'effectuer dès le début de la IVème République.

A moins d'une dictature, cela ne peut apparaître que durant la nouvelle république à laquelle le "prétendant faiseur de changement" s'abstient de se porter candidat.

En quoi la "fameuse déclaration" contribue-t-elle à la résolution de la crise ? En quoi cela fait-il office de consensus ? En quoi cela remplace-t-il la Convention de Transition ? En quoi cela remplace-t-il le "dialogue" ?

N'est-ce pas plutôt un "tape-à-l'oeil" et un "attrape-nigaud" pour favoriser la démarche insidueuse de l'Ingérent étranger ?

La plus importante question : quelle partie de la déclaration permet au premier ministre de prendre des mesures à l'encontre de tout manifestant pacifique ?

Le modèle que doit démontrer un prétendant à la "conduite des affaires de l'Etat" est celui d'exiger de lui-même et de tout citoyen le "règles et des lois" qui régissent le pays : c'est ce qui définit la grandeur de tout démocrate et de la démocratie.

Pour conclure sur les flatteries qui fusent de tous ceux qui les font, souvenons-nous de la fable de La Fontaine, "le corbeau et le renard" : "apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute."



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