Madagascar : dans une crise économique et sociale, des agences de placement ? pour quoi faire ?

Publié le par La Rédac'

Le 10/12/09, l'AMPDHP a lancé une déclaration sur les travailleurs migrants (parue dans la Gazette de la Grande Ile et Ma-Laza le 05/12/09) dans laquelle elle avait expressément exigé à ce que le Gouvernement prenne les mesures nécessaires pour rapatrier tous les travailleurs migrants malagasy se trouvant en territoires libanais et egyptiens. La même exigence dans notre article du 2 mars 2010. Pourquoi ?

Madagascar a ratifié la Convention n°97 de l'OIT relative à la protection des droits des travailleurs migrants et les membres de leur famille. Le Liban et l'Egypte, où travaillent de manière domestique des milliers de femmes malagasy, ne sont pas pays ratificateurs de la Convention.

Alors, pour que les droits de ces travailleurs soient protégés et garantis, il faut que la ratification soit bilatérale. Sinon, c'est de la traite des personnes pure et simple, car aucun recours ne peut être intenté contre le Liban ni l'Egypte. Les travailleurs migrants sont obligatoirement et juridiquement sous la protection de leur Gouvernement mais jamais à la merci des agences de placement. Si agences il y a. Celles-ci doivent être sous le contrôle et la surveillance permanente des ministères concernés quant à l'émigration des demandeurs d'emploi (Ministère de l'Intérieur et Ministère de la Fonction Publique, du Travail et des Lois Sociales).

Faire émigrer les travailleurs nationaux n'est pas créer de l'emploi, comme l'a prétendu madame le Directeur du Travail (du Ministère de la Fonction Publique). Au contraire, c'est de la fuite de main d'oeuvre due à la faillite de l'Etat quant à son rôle de facilitateur dans l'impulsion du secteur privé pour la création de marché interne du travail.

Encore et encore, l'AMPDHP crie fort et exige au Gouvernement de la HAT de prendre des mesures expresses pour rapatrier les femmes envoyées en esclavage au Liban et en Egypte et que des réparations soient faites de manière juste et équitable aux femmes migrantes et aux membres de leur famille.

Le fait d'autoriser des agences de placement à faire émigrer les demandeurs d'emploi au moment où Madagascar est en pleine crise politique, économique et sociale sans égale équivaudrait à favoriser la traite des personnes ou à être d'un accord tacite dans ledit crime. Pour être clairs, nous dirons que si le gouvernement ne prend pas des solutions d'urgence pour rapatrier les travailleurs migrants malagasy qui se trouvent en territoires non ratificateurs de la Convention n°97, celui-ci autorise tacitement la Traite des personnes, en particulier celle des femmes.

L'AMPDHP exige que le gouvernement, pas le biais des ministères cités plus haut, répertorie et fasse un audit des agences et organismes qui ont envoyé et placé, au Liban et en Egypte, les femmes qui y travaillent de manière domestique.

Nous exigeons que des mesures soient prises à l'encontre des personnes qui ont effectué des missions au Liban pour "examiner" le cas des femmes au Liban et qui n'ont pas eu à l'esprit et n'ont pas tenu compte des traités auxquels Madagascar est partie, en particulier ceux relatifs aux femmes. En effet, ces personnes, avant d'effectuer de telles missions, devraient avoir les instruments auxquels Madagascar est partie et par lesquels les Droits de l'Homme au travail sont garantis.

L'AMPDHP demanderait à ses lecteurs de réagir sur le cas des femmes malagasy au Liban et en Egypte.

La défense des droits et libertés fondamentaux exige la "Solidarité Mondiale", cela pour la Paix Sociale Universelle.

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