Les Droits de l'Homme en péril à Madagascar

Publié le par La Rédac'

Depuis le début de la crise politique à Madagascar, l'AMPDHP a toujours encouragé le dialogue afin que la liberté d'opinion et d'expression soit respectée. Elle n'a cessé de condamner toute forme de violence, le recours à la force et aux armes à feu car de tels actes portent une atteinte grave à la vie et l'intégrité de la personne, quelles qu'en soient les raisons et les circonstances.

Nous citons ci-après les actions et actes que nous avons effectué depuis le 23 janvier 2009 :

- 23 janvier 2009 : appel au respect des droits et libertés fondamentaux paru dans les journaux du 26/01/09, suivi d'une conférence de presse le 30/01/09 ;

- 05 février 2009 : conférence de presse au Motel Anosy pour :
* appel au dialogue, avant le 07 février, à l'arrêt de toute manifestation, à la retenue, à l'arrêt de toutes formes d'abus de pouvoir ;
* appel au blâme national aussi bien qu'international à l'encontre des responsables de la situation de désastre actuelle. Paru dans les journaux du 06/02/09 ;

- 04 mars 2009 : Communiqué intitulé : dialogue pacifique ou guerre civile. Parution du 05/03/09 ;

- 05 mars 2009 : Communiqué intitulé : Mise en pratique de l'Ethique des Forces de l'Ordre et sécurité dans la situation actuelle à Madagascar, conformément aux principes essentiels des Droits de l'Homme pour le recours à la force et l'utilisation des armes à feu. Communiqué lu Place du 13 Mai le 06/03/09.

L'AMPDHP, à travers ce blog, a cité ce parcours pour mettre en exergue et faire savoir, à celui qui l'écoute, qu'elle est et sera Défenseur des Droits de l'Homme sans état d'âme ni esprit partisan. Sur les décisions qu'ont prises respectivement les mouvances politiques, actuellement en conflit d'intérêt mais non pour l'intérêt des droits de l'homme et du peuple, l'AMPDHP est très préoccupée quant à la sérénité pour l'effectivité des droits de l'homme.

Ainsi, elle maintient que la guerre civile prend sa souche par l'intolérance. Elle doute fort sur une possible réconciliation nationale. Pourquoi notre doute ? Parce qu'on n'a permis au peuple qu'un semblant de sérénité de fin d'année. Et après ?

Une nouvelle dictature s'est installée depuis le 16/12/09. Pourquoi ?

Parce que la Charte de la Transition ne sera pas suivie et la Constitution de la IIIème République enterrée par le fait d'un seul homme.

Pourquoi l'AMPDHP fait-elle cette allégation ? Parce qu'elle a compris que si la Médiation Internationale a mis les 4 mouvances sur une même table de négociation, c'est qu'elles sont censées représenter 100% du peuple malagasy et qu'aucune réconciliation n'est possible sans représentation à 100% du peuple. Parce qu'une nouvelle constitution ne pourra être bien élaborée sans la participation effective des délégués des 4 mouvances. En écartant les trois mouvances pour une autre procédure de retour à l'ordre constitutionnel, la dictature est manifeste.

En résumé, l'AMPDHP relève plusieurs pratiques de dictature :

1/ privation de libertés de circuler sans justice préalable.
2/ changement de la Constitution sans acceptation populaire majoritaire.
3/ exercice d'un pouvoir par une personne non issue d'un processus électoral.

De tout ce qui précède, l'AMPDHP pose les questions suivantes :

a/ est-ce que l'électorat prendra part au scrutin prévu le 20 mars 2010 ?
b/ pourquoi ce silence des politiciens face à la décision unilatérale du Président de la HAT ? Et celui des analystes politiques ?

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